mardi 8 novembre 2016

Viande sèche - La Dernière Goutte- 2016


« Pour conclure, derrière chaque nom qui a participé à ce gigantesque massacre, il y a une histoire atroce. Et n'allez pas croire que ceux qui ont fait ça étaient des monstres faciles à reconnaître dans la rue, non, ceux qui l'ont fait étaient des hommes d'apparence normale, des époux aimants, de bons pères de famille, des gens qui vivent toujours parmi nous, sans remords ni regrets, et qui tiennent des discours justifiant leurs crimes. Certains de ces fils de pute parlent encore de « guerre sale »... »


J'ai raté le premier « Mariani », publié aussi aux éditions de La Dernière Goutte sous le titre Calibre 45. Qu'à cela ne tienne, Viande Sèche m'a fait comprendre que je devais rattraper mon erreur : on tient là un sacré personnage errant dans une Buenos Aires schizophrène, le tout porté par une plume posée, sobre, qui vous fait tourner les pages en oubliant tout ce qui vous entoure.

Mariani est détective privé. Fauché le plus clair de son temps, blasé, il porte au-dessus de la tête un nuage lourd de mélancolie qui n'attend qu'à ouvrir les vannes. Il partage son appartement avec deux tantes. Il boit des hectolitres de café, de gin-coca et de maté. Il connaît Buenos Aires comme sa poche, bas-fonds y compris. Rien ou presque ne l'étonne.

Il va tomber sur un os lorsque le type qu'il a été embauché pour retrouver, un vieux grincheux solitaire, s'avère être mort depuis une petite trentaine d'années. Ça, ça va l'intriguer, le Mariani.
J'aime et j'ai même une préférence pour les romans noirs qui sont tournés vers l'histoire récente : une preuve que l'Histoire ne pardonne jamais. Les anciens régimes totalitaires s'y prêtent bien : il y a tous les ingrédients, à commencer par le besoin de justice, voir de vengeance. C'est humain.
Mariani, incrédule devant l'évidence, ne peut pas laisser tomber avant de tout comprendre : son enquête le met lui-même en danger, raison de plus !
Dans une ville tantôt animée, tantôt aux apparences fantomatiques, le détective s'obstine à fureter, à remuer le passé et ses secrets mortifères. A faire tomber les masques.
Viande Sèche fait partie de la série de romans La Ballade du Británico, ayant pour personnage central le détective Mariani.
Je souhaite longue vie aux éditions de La Dernière Goutte, histoire de continuer à découvrir, grâce à elles, d'autres pans méconnus de la littérature internationale – fût-elle noire ou blanche.


Viande Sèche, Martin Malharro, traduction Delphine Valentin, Editions de La Dernière Goutte 2016

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